Du vert au bleu...
Ces derniers jours, je fus bien malgré moi assignée à résidence, les récentes pluies diluviennes ayant provoqué des inondations et rendu les chemins difficilement praticables (je me revois encore traverser les rues avec de l’eau jusqu’aux mollets… !).

Je me rends finalement ce samedi à San Plácido, une petite bourgade oubliée, où les heures s’étirent langoureusement, loin de l’agitation urbaine. Traversés par le fleuve Chico, les lieux jouissent d’une végétation luxuriante, où les papayers, manguiers et nombreuses bananeraies prolifèrent…Les verts, dont je goute chaque nuance, affichent leurs plus beaux effets…
Ma présence en ces terres reculées suscite la curiosité de ses habitants et les conversations s’égrènent au bord des chemins ou à l’ombre d’une cabaña sur pilotis … J’avais à cœur de me retrouver en pleine nature...je repars comblée !
Dimanche, je largue les amarres pour San Lorenzo. Temps bleu, porteur de mer.
Ce village de pêcheurs, apprécié pour sa tranquillité et sa plage sauvage, somnole sous une chaleur étouffante. La mer s’embrase tandis que sur le sable roulent d’écumantes lames, telles de grosses langues, pressées, agiles et parfois inquiétantes, qui viennent s’écraser contre les falaises.

Mon regard dérive et je me laisse embarquée, sans boussole, vers cette immensité, lumineuse étendue d’azur, dans ce lieu sans racines…
Les souvenirs et les images des êtres qui me sont chers affluent…L’amour, voilà ce qui nous pousse à maintenir le cap, et dans ces visages aimés, le désir de trouver un port d’attache …